
«Innover, c’est donner aux traditions les outils pour respirer au rythme du présent.»
Comment est née l’idée de réinventer le tadelakt à travers la couleur et le motif ?
Honnêtement, c’est venu en trouvant une photo d’une maisons du Haut Atlas et les traditions graphiques africaines.
On s’est rendu compte que le tadelakt, malgré toute sa beauté, restait monochrome jusque-là et que la pigmentation se fait uniquement grâce à la peinture ( dont la texture reste sans profondeur. Alors qu’il y a une richesse graphique incroyable dans nos architectures vernaculaires. On s’est dit : pourquoi ne pas libérer ce potentiel chromatique et l’utiliser pour recréer le motif ?
Le grattage existe depuis toujours—c’est un savoir-faire qu’on maîtrise. Nos essais ont porté sur deux axes : pigmenter les zones grattées afin de créer du contraste et de la profondeur, puis juxtaposer deux matières lisses pour composer des motifs géométriques complexes.
En quoi le tadelakt chromatique permet-il de raconter une nouvelle histoire de l’artisanat marocain ?
C’est simple : on montre que l’artisanat marocain n’est pas figé. Il vit, il évolue, il peut se réapproprier son héritage graphique avec les outils d’aujourd’hui.
Avec le chromatique, le tadelakt acquiert une voix graphique nouvelle. Les motifs qu’on crée par la pigmentation du gratté ou la juxtaposition bicolore—dialoguent directement avec les traditions du Haut Atlas et de toute l’Afrique. Mais en langage contemporain. C’est une façon de dire que nos artisans ne sont pas des conservateurs, ce sont des innovateurs.
@fadwa_elgharib




