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Rencontres

Marie Bastide «Un regard minimal sur le Maroc»

By avril 15, 2021 No Comments

Entre tradition et modernité, le Maroc des contrastes inspire Marie Bastide depuis de nombreuses années. À travers la photographie, l’architecture, la décoration et plus récemment l’identité visuelle des marques, elle use de sa créativité et son œil neuf sur la marocanité pour concevoir des compositions épurées sublimant les richesses patrimoniales et naturelles du Royaume. Depuis quelques mois, sa boutique-atelier, située en plein cœur de Guéliz à Marrakech, invite particuliers et professionnels à partir à la découverte de son univers pluriel.

Par : Mélanie Wilms

 

 

 

Pouvez-vous revenir en quelques mots sur votre parcours?
Je suis née à Paris, mais j’ai passé mon adolescence à Uzès dans le sud de la France. J’ai poursuivi mes études d’architecture à l’ENSA Versailles. Tout juste après mon diplôme, je suis venue m’installer au Maroc. J’avais découvert ce pays 3 ans auparavant et je n’avais qu’une envie c’était de pouvoir y vivre et y exercer mon métier et ses différentes applications au contact des artisans et de leur savoir-faire.

Qu’est-ce qui vous a amenée à opter pour l’architecture, la photo et la création en général?
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été une personne créative. Je ne sais pas comment l’expliquer mais pour moi l’expression artistique est juste une évidence! J’aime peindre, prendre le temps de laisser traîner mon œil sur une multitude de détails, de capturer chaque moment, et ce, peu importe la direction de mon regard. Tout est prétexte à la réflexion et à l’inspiration pour un prochain shooting, un projet de villa, le choix d’une couleur pour le branding d’une marque…

Si vous n’aviez que quelques mots pour présenter Marie Bastide Studio?
C’est un studio créatif multidisciplinaire qui me permet de conjuguer pour la culture marocaine et mon amour pour l’esthétique minimaliste.

Qu’est-ce qui vous a poussé à élargir vos activités ces derniers mois?
Avec le temps, les clients qui venaient nous voir pour des photos ou la conception d’un logo, nous faisaient également confiance pour la conception de bien d’autres éléments créatifs comme le nom de la marque, l’identité visuelle, les photos de packaging, les réseaux sociaux, etc. Nous avons alors décidé que nous devions organiser un studio composé de plusieurs départements afin de pouvoir proposer aux marques un suivi de A à Z. C’est pourquoi, nous avons ouvert récemment une boutique-atelier à Guéliz afin de pouvoir accueillir les clients au sein de nos différents départements : architecture, shooting, branding, graphic design, illustration, video motion design, content creator.

Quels sont vos projets de prédilection?
J’aime les projets riches de patrimoines, de recherches et qui sont différents les uns des autres. J’apprécie aussi que mes semaines ne se ressemblent pas et que nous puissions nous réinventer constamment dans la création et le branding que nous réalisons. Au fil des semaines, j’ai ainsi la chance de passer de la conception d’une nouvelle marque de mobilier inspiré par le Maroc, à un projet de restaurant marocain au Qatar, un rebranding d’une marque de chaussure historique de Casablanca ou encore le shooting d’une nouvelle marque de vêtements.

Qu’est ce qui vous inspire le plus?
L’humain, la nature et l’architecture au quotidien, où que je sois, mais plus encore au Maroc.

Comment qualifieriez-vous votre style? Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur ce que vous qualifiez de «Minimal Berbère»?
Que cela soit pour la photographie, l’architecture et à présent le branding, ce qui caractérise le plus mon travail c’est l’alliance de mes deux cultures : la culture française et mon éducation architecturale minimaliste et la culture marocaine dans laquelle j’évolue depuis plus de 5 ans, et qui mêlent les traditions berbères et arabes.

Dans quelle mesure le Maroc influence t-il votre démarche créative?
Je dirais que c’est une influence de chaque instant. Une ombre sur une villa dans la rue va m’inspirer pour une marque, un vendeur de cacahuètes va m’inspirer des couleurs, le pli d ‘une djellaba va m’inspirer pour un sac. Tout au Maroc éveille ma créativité, la lumière, les paysages arides et bien sûr la présence Humaine constante et si caractéristique.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les voyages créatifs?
C’est un concept que j’ai lancé pour apporter un peu de mon expérience dans des écoles reculées de villages berbères. Rapidement, j’ai pris conscience que ces expériences d’expression avec les enfants pourraient être 1000 fois plus riches si j’étais accompagnée de marocains. Du coup, nous programmons ces voyages créatifs avec mon équipe. Après avoir passé la journée à faire des cours de peinture à l’école, nous profitons tous ensemble d’un moment de détente. Les enfants des écoles découvrent avec joie le mélange des couleurs, les rudiments de la peinture et les joies de l’expression. Mes salariés eux sortent un peu de leur confort citadin et partent à la rencontre de ces enfants qui font parfois 5 kilomètres à pied pour partir à l’école. Ce sont des événements qui pour moi sont très intenses et riches d’enseignements de part et d’autres. Je suis remplie de joie en voyant une telle transmission. C’est aussi une très grande source d’inspiration.

Qu’en est-il de vos collaborations avec Zelart ou avec Côté Bougie, y aura-t-il prochainement des nouveautés? Avez-vous d’autres collaborations en vue?
Effectivement! Les collaborations sont idéales pour pouvoir mélanger les styles, les idées et ouvrir le champ des possibles. C’est encore plus vrai avec des personnes comme Omar de Côté Bougie), Zineb de Zelart et Vanessa et Nadia de Chabi Chic avec qui nous partageons un amour pour l’artisanat et pour la perpétuation de ces précieuses traditions.

Quels sont vos projets pour cette année?
Ils sont très nombreux, je m’en réjouis! Beaucoup de branding, quelques projets d’architecture notamment en collaboration avec l’architecte Zineb Cherkaoui de Zinarchi et bien sûr d’autres belles collaborations.

Si vous n’aviez aucune contrainte, quel rêve créatif souhaiteriez-vous réaliser?
Je n’ai pas l’impression de vivre dans la contrainte. Ce pays m’a permis déjà beaucoup de rêves! Mais si j’avais beaucoup de moyens, j’ouvrirais une école d’art au Maroc qui, grâce à une bourse, permettra à des jeunes qui ont des rêves de les poursuivre. Je reçois bien souvent des jeunes qui n’ont pas les moyens de faire des études ou d’acheter du matériel adapté mais qui, déjà sont capables de faire de très belles choses sur un téléphone has been. La transmission est une de mes grandes passions et c’est avec plaisir que parfois j’ouvre les portes de mon atelier pour offrir une formation à des personnes motivées et talentueuses.
@mariebastidestudio