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Architectes & Décorateurs

Rachid Andaloussi
Architecte, penseur de la ville
La ville en strates

By février 15, 2026No Comments

Penser Casablanca non comme une époque, mais comme une superposition vivante

Casablanca se lit par couches successives, entre mémoire vécue et transformations continues. elle a façonné une modernité qui lui est propre, née de ses usages, de son port, de ses infrastructures et de ses habitants. À travers cette conversation avec Rachid Andaloussi, se dessine une autre manière d’aborder Casablanca.

« Casablanca ne se lit pas d’un seul regard. Elle se comprend par strates, par usages, par mémoire. »

Casablanca ne se lit jamais d’un seul regard
La ville se découvre par couches successives, par fragments, par additions parfois silencieuses, parfois visibles. Elle s’est construite dans le temps long, entre héritage et transformation, entre mémoire et mouvement. Avant d’être un territoire de projets, Casablanca a été une ville vécue, habitée, traversée par des parcours quotidiens, des voisinages, des lieux familiers.

Villa des Arts, Casablanca réhabilitation signée Rachid Andaloussi (2005)

Pour Rachid Andaloussi, comprendre Casablanca, c’est accepter cette épaisseur. Une ville ne se résume pas à une époque ni à un style. Elle se compose de strates qui dialoguent entre elles, parfois en tension, souvent en continuité. C’est cette complexité qui fait la richesse et la singularité de Casablanca.

C’est cette lecture sensible que défend Rachid Andaloussi.
Pour lui, Casablanca n’est pas une abstraction urbaine, mais une expérience intime. Né face à un parc, entouré d’immeubles emblématiques, il évoque une enfance marquée par l’architecture autant que par la vie de quartier.

« Casablanca ne se construit jamais par effacement. Elle avance par strates, en intégrant ses héritages plutôt qu’en les niant. »

Les halls, les escaliers, les façades, les espaces intérieurs font partie d’une mémoire collective autant que personnelle. À Casablanca, l’architecture est toujours liée à l’usage, à la manière d’habiter, de circuler, de vivre la ville. L’Art Déco occupe une place centrale dans cette histoire, non comme un style figé, mais comme une période fondatrice. Il raconte un moment où Casablanca s’est pensée comme une ville moderne, ouverte, ambitieuse. Une modernité construite sur place, adaptée aux usages locaux, aux savoir-faire, au climat, aux rythmes de vie. Les bâtiments institutionnels, les immeubles d’habitation, les espaces publics témoignent de cette capacité à conjuguer ornement, fonctionnalité et élégance.

Les images de cette Casablanca ancienne ( façades, atriums, détails décoratifs ) révèlent une ville attentive aux proportions, à la lumière, à la relation entre intérieur et extérieur. Elles racontent une modernité qui ne s’est jamais construite en rupture totale avec le passé, mais par superposition, par ajustements successifs.

Grand Théâtre de Casablanca

Casablanca, une modernité en mouvement
Très tôt, Casablanca a grandi plus vite que les plans qui tentaient de la contenir.
Ville portuaire, ville d’échanges, elle s’est développée dans une accélération permanente. Cette vitesse, parfois chaotique, fait partie de son identité. Casablanca est une ville qui échappe, une ville qui va toujours plus vite que ceux qui cherchent à la figer.

Les équipements publics, les bâtiments administratifs, les architectures institutionnelles ont accompagné cette dynamique. Théâtre, postes, tribunaux, infrastructures : autant de marqueurs d’une modernité pragmatique, tournée vers l’usage, la fonction et la représentation. L’architecture devient alors un outil de structuration, de confiance et de projection vers l’avenir.

Cette modernité n’est jamais importée telle quelle. Elle se fabrique sur place, au contact du contexte, des usages, des contraintes et des ambitions de la ville. Les architectures modernistes et celles des décennies suivantes s’inscrivent dans la continuité des strates précédentes, sans chercher à les effacer.

Tour BCP Casablanca

Les images plus contemporaines (volumes institutionnels, espaces culturels, architectures intérieures) montrent une Casablanca en mouvement, mais consciente de son passé. Les lignes se simplifient, les formes évoluent, mais le rapport à l’espace, à la lumière et à l’usage demeure central. La ville continue de se transformer, sans rompre avec ce qui la fonde.

Préserver Casablanca ne signifie pas la figer dans une image patrimoniale.
Pour Rachid Andaloussi, il s’agit au contraire de transmettre une lecture de la ville, d’apprendre à reconnaître ses couches successives et à en comprendre la logique. Préserver, c’est accepter le mouvement tout en respectant l’existant.

Tour BCP Casablanca

Comment continuer à construire sans effacer ? Comment habiter, transformer, réinterpréter sans perdre l’âme de la ville ? Pour lui, l’avenir de Casablanca passe par une éducation du regard et par une réappropriation collective de son identité architecturale.

«Casablanca poursuit son mouvement. Ce qui la distingue demeure pourtant intact : une capacité rare à faire coexister héritage et création, mémoire et usages contemporains. Une ville qui ne se renouvelle pas par rupture, mais par superposition.»

www.andaloussirachid.com