
«L’objet comme complice du goût.»

Comment avez-vous transposé l’univers sensoriel de la maison dans votre travail de designer ?
J’ai abordé ce projet comme une traduction plutôt qu’une illustration. Maison Gazelle porte une mémoire, un rapport très fin au geste, au temps long, à la précision. J’ai cherché à retrouver ces qualités dans la céramique : des formes sobres, presque évidentes, où la main reste lisible. Les textures, les émaux, les volumes ont été pensés pour évoquer une douceur, une attention au détail, sans jamais tomber dans le décoratif.
L’objet devait prolonger l’expérience, accompagner le rituel, presque disparaître au profit du moment.

En quoi cette immersion dans le monde culinaire a-t-elle déplacé votre manière de concevoir l’objet ?
Le lien avec le culinaire m’a obligée à repenser la notion d’usage de manière plus intime. Ici, l’objet n’est pas seulement regardé, il est manipulé, partagé, parfois même attendu. Cela m’a amenée à travailler sur des proportions très justes, sur une ergonomie presque instinctive. J’ai aussi accordé plus d’importance à la répétition du geste, à la régularité imparfaite, qui rappelle le travail artisanal en cuisine.
Quelle vision de l’art de vivre souhaitiez-vous faire émerger à travers ces pièces ?
J’avais envie de proposer des objets qui accompagnent des moments simples mais chargés de sens. Le thé, la pâtisserie, la table sont des espaces de transmission, de lenteur, de conversation. Les pièces ont été pensées pour créer une atmosphère apaisée, où chaque geste prend sa place. Plus qu’un objet signature, je voulais que cette collection incarne une certaine idée de la convivialité.
@benimaneceramics




