
Un espace pensé comme un studio contenu, rythmé par la lumière naturelle et les matières tactiles. Bois blond, voiles textiles, enduits doux et lignes épurées instaurent une atmosphère calme où cohabitent concentration et partage.
Circulations fluides, volumes lisibles et mobilier sur-mesure dessinent un lieu qui accueille le travail du jour, les idées qui naissent, et les rencontres qui construisent une marque.
HALO devient ainsi un outil, une scène et un récit : celui d’une agence créative insérée dans une Casablanca vibrante et en mouvement.
Photos : Alessio MEI – @lamia_benhida

Comment avez-vous trouvé cet équilibre fluide, sans figer les usages ni enfermer les pratiques ?
La clé de voute du projet était de créer un espace capable d’évoluer naturellement selon les moments de la journée, pour ça j’ai volontairement évité de figer les fonctions, il n’existe donc pas de hiérarchie dans l’espace, mais plutôt des ambiances.
L’espace se transforme, s’adapte mais surtout on y échange et on partage. Cette liberté d’usage répond à l’identité même de l’agence et de son ADN spontané et vivant.

Dès les premières esquisses, quelle a été l’intention fondatrice, celle qui a donné la direction au projet et structuré sa narration spatiale ?
L’intention était de créer un espace à la fois apaisant et expressif, un lieu qui ne s’impose pas mais qui se ressent subtilement dès les premiers instants.
J’ai cherché avant tout un langage architectural à la lecture fluide, dans une simplicité assumée, enrichi les idées, les échanges, et la vie quotidienne de l’agence.
Un espace de travail est en réalité tout aussi personnel qu’un espace de vie, et la productivité est intrinsèquement liée à notre environnement. Pour s’ancrer, s’épanouir et se révéler, je pense que le besoin de personnaliser son lieu de travail est nécessaire et surtout inévitable.

Comment être à la fois dans le calme, l’ouverture, et pourtant affirmer une identité immédiatement lisible ?
La sobriété est un parti pris, pas une absence. Elle permet de révéler la lumière, les matières et les formes de s’exprimer.
L’identité du lieu s’est construite dans les détails qui s’inscrit dans une cohérence d’ensemble. Halo c’est une agence avec un vrai ADN, pleine d’âme et d’authenticité, même d’excentricités par moment, c’est pour ça qu’on peut retrouver une lampe avec un abat-jour à frange, à côté d’une porte persienne verte, dans un univers doux et ultra minéral, tout en faisant un clin d’œil à la techno underground, le fil conducteur a toujours été de respecter tout cette effervescence qui donne à l’agence son cachet unique.
En créant du calme, chaque objet devient plus vibrant.
Dans cette agence pensée comme une respiration, Lamia Ben Hida explore une écriture intérieure où lumière, matière et mouvement composent un espace vivant.

Quelle place occupe-t-elle dans la manière dont on traverse, habite et ressent cet espace au quotidien ?
La lumière est un redoutable outil de mise en scène dans un espace et j’y accorde beaucoup d’attention, tant dans la scénographie que le choix des luminaires qui peuvent donner à un lieu une versatilité inattendue. La lumière participe au confort, essentiel dans un environnement de travail, mais aussi beaucoup à l’émotion.

Comment avez-vous orchestré cette cohabitation pour qu’elle devienne naturelle, voire complémentaire ?
En refusant toute distinction entre ces deux gestes, et faire en sorte qu’ils se nourrissent l’un de l’autre. Recevoir est un art, qui prends racine dans la culture marocaine avec son hospitalité légendaire, mais aussi dans l’hôtellerie de luxe, secteur de prédilection de l’agence.
La question ne s’est pas posée mais plutôt imposée naturellement, c’était une nécessité.
Je crois profondément que le travail est un partage, d’idées, de compétences, d’expériences, ce n’est pas une activité isolée mais un vrai processus qui nous connecte les uns aux autres, les espaces d’accueil et de travail se prolongent et cette organisation spatiale volontaire donne à l’agence une dimension très humaine, fluide et accueillante.

Lesquels ont été essentiels pour que le lieu “tienne” et s’exprime avec justesse ?
Trouver l’équilibre entre le cahier des charges du projet avec les contraintes structurelles du lieu est un exercice délicat, parfois la nécessité de la fonction prends le pas sur le design et il est nécessaires d’avoir les bons reflexes pour créer la sensation que «tout est à sa place-».
Pour moi, c’est l’invisible qui donne à un espace sa qualité de lecture, les alignements, les épaisseurs, la quincaillerie, ce sont des détails qui permettent à l’œil de balayer un lieu de manière fluide et reposante pour ne retenir que le meilleur.

Qu’est-ce qu’elle vous permet d’explorer ou d’affirmer architecturalement, que d’autres contextes ne vous offriraient pas ?
Casablanca est une ville qui autorise une grande liberté, c’est une ville où les strates se superposent, et où l’architecture peut être à la fois contemporaine et profondément contextuelle.
Les projets d’architecture et d’architecture d’intérieur qui se font désormais au Maroc sont de plus en plus forts en identité, de cette créativité qui s’assume et qui jongle avec finesse entre tradition, héritage et contemporanéité.
Il y a une énergie brute à Casablanca qui me fascine autant qu’elle m’inspire, j’aime ce chaos créatif perpétuel qui ne s’éteins jamais, toujours en mouvement avec des racines bien ancrés et un rayonnement fulgurant, au-delà des frontières.
L’architecte y poursuit une recherche discrète mais assumée: créer des lieux qui soutiennent la création sans la contraindre, où la sobriété devient identité et où chaque détail, visible ou non, participe à la justesse de l’ensemble.
À travers ce projet, quel regard portez-vous sur Casablanca aujourd’hui : sa dynamique, ses mutations, son identité en construction ?
Je vois Casa comme une nature très sauvage -lol- ses mutations sont rapides, parfois désordonnées mais avec une force et la vitalité qui vous porte.
Casa demande une force d’adaptation, une agilité qui vous pousse naturellement dans vos retranchements pour vous dépasser, la synergie est telle qu’il est impossible de rester figer, il faut se mettre en mouvement, avec une vision, un rêve où quelque chose qui vous appartient et ne pas le perdre de vue.
Halo, est naît d’une vision, celle de créer une expérience de travail sensible, humaine et authentique, dans un univers doux sans être effacé.




