fbpx Skip to main content
Salon - Evénement

«La cuisine est devenue le cœur technologique de la maison»

By février 27, 2026No Comments

À la tête de la Confédération européenne de l’industrie du meuble (EFIC) jusqu’en 2026 et conseiller nommé du groupe Cuisines d’Assarredo, Edi Snaidero observe, en première ligne, les mutations d’un secteur en pleine recomposition. À l’approche de EuroCucina et de FTK – Technology For the Kitchen 2026 (21–26 avril), il décrypte les enjeux industriels, esthétiques et réglementaires qui redessinent l’univers de la cuisine

 

Dans un contexte international marqué par l’incertitude économique et les tensions commerciales, l’industrie européenne de la cuisine affiche une volonté claire : innover sans renier son ADN. Pour Edi Snaidero, la cuisine n’est plus seulement un espace fonctionnel ; elle est devenue un hub technologique, culturel et social. À l’heure où Milan s’apprête à redevenir la capitale mondiale du design, il esquisse les contours d’un secteur en quête d’intelligence, de durabilité et d’excellence formelle.

Vous attendez quoi de l’édition 2026 d’EuroCucina ?

Edi Snaidero :
La dernière édition a marqué un tournant important avec le nouveau format inauguré par Euroluce. Aujourd’hui, cette évolution est consolidée. EuroCucina est devenue une référence mondiale : peut-être pas la plus grande en volume, mais certainement la plus qualitative. Même les acteurs allemands, historiquement très structurés, reconnaissent désormais sa valeur.

Surtout, nous ne pouvons plus considérer FTK séparément : la technologie fait désormais partie intégrante du projet cuisine. J’y vois un écosystème unique, où électroménager et mobilier dialoguent de manière organique.

Comment imaginez-vous la transformation de la cuisine dans les prochaines années ?

La cuisine est devenue le centre technologique de l’habitat. Les fabricants ont toujours su intégrer l’innovation, notamment à travers l’électroménager. Aujourd’hui, nous allons vers des environnements encore plus intelligents, capables d’interagir avec l’architecture, le design et même le lifestyle.

Le Salone del Mobile est de plus en plus international : la part des visiteurs étrangers ne cesse de croître. Cette reconnaissance mondiale confirme que l’innovation et la recherche sont les seules voies pour rester compétitifs.

Quelles tendances esthétiques et matérielles émergent ?

Attendez-vous à être surpris. Après la période post-Covid dominée par le blanc et le minimalisme, on observe un retour fort aux matières tactiles et expressives.

La céramique, par exemple, s’impose avec des finitions sophistiquées et chaleureuses. Le projet Abitum illustre bien cette évolution : les plans de travail en céramique, réputés pour leur résistance, séduisent désormais par leur qualité esthétique et leur capacité à dialoguer avec les espaces ouverts.

On remarque également un développement cohérent des espaces living attenants à la cuisine, afin d’assurer une continuité des matériaux et des finitions. Quant à l’outdoor, il progresse, même s’il reste positionné sur un segment haut de gamme.

La protection de la propriété intellectuelle est-elle devenue un enjeu majeur ?

Absolument. À l’EFIC, nous avons obtenu des résultats significatifs grâce à notre collaboration avec l’EUIPO, basé à Alicante. Cette coopération, initiée par FederlegnoArredo, a permis de former les entreprises à la protection des marques, dessins et modèles.

Pour les exportateurs, la propriété intellectuelle est stratégique, surtout lorsqu’ils ne disposent pas de service juridique interne.

Pourquoi rejoindre le groupe Cuisines d’Assarredo ?

Les raisons sont concrètes. D’abord, le soutien au commerce international et à l’export. Ensuite, l’accompagnement sur les questions juridiques, notamment les nouvelles réglementations comme celles liées à la déforestation ou à l’éco-conception.

Ces normes deviennent de plus en plus exigeantes. FederlegnoArredo s’appuie sur des techniciens formés ; les entreprises membres disposent ainsi d’outils et d’informations auxquels les non-adhérents n’ont pas accès.

Comment se portent les marchés internationaux ?

Jusqu’à l’an dernier, l’industrie italienne de la cuisine affichait une croissance soutenue à l’export. L’Italie et l’Allemagne restent les deux principaux producteurs mondiaux de cuisines de qualité, particulièrement reconnues en Amérique du Nord et sur les marchés émergents.

Cependant, l’incertitude liée aux droits de douane a fragilisé certains marchés, notamment les États-Unis et la France. Les tensions ont également affecté l’Europe du Nord et le Royaume-Uni, créant une instabilité dans le secteur contract.

Je reste néanmoins optimiste : un rebond est possible, mais les entreprises doivent apprendre à évoluer dans un contexte critique permanent.

Quel est le prochain grand chantier ?

Le Salone del Mobile prépare un projet centré sur l’univers du contract. En 2027 naîtra le Salone Contract, avec un masterplan signé Rem Koolhaas et David Gianotten (OMA).

Ce sera une nouvelle plateforme stratégique pour explorer les mutations du secteur, bien au-delà de la cuisine. Toutes les entreprises, pas seulement les fabricants de cuisines, manifestent un intérêt croissant pour ce marché.