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Inscrite au cœur d’un quartier résidentiel historique de Casablanca, la villa Jacaranda se devait de s’insérer harmonieusement dans son environnement. Confié à l’architecte en bâtiment Sophia Sebti, à la tête de 212/CONCEPTION, ce projet associe avec subtilité une conception assurément contemporaine à des codes locaux. Conçue sur trois niveaux, cette demeure dévoile, dès l’entrée, son esprit industriel.
Texte : Mélanie WILMS
Photos : Alessio MEI
Paysage : Daniel Berger
Mobilier : Clay Concept Store

 

 

 

© Hind Chaouat

Sur un terrain de 470m2, le défi de l’architecte Sophia Sebti était d’édifier une demeure chaleureuse, confortable et lumineuse. Orientée Sud, à l’inverse des maisons voisines construites pendant le protectorat, plutôt orientées Nord, la villa Jacaranda alterne transparence et impression d’opacité afin de profiter au maximum de la lumière naturelle tout en préservant l’intimité. Parée de panneaux de tôles perforées blanches, la façade allie adéquatement une référence à localité à un profil très contemporain. A l’entrée, la tôle s’associe au bois et au béton, matériaux de prédilection dans la villa. Contrastant avec ces matières brutes, une opulente jardinière marque, d’ores et déjà, la place toute particulière que prend la végétation sur l’ensemble du projet.
Le séjour atteint, la sensation d’espace est immédiate grâce à la hauteur et à l’usage quasi systématique de panneaux vitrés de 4 mètres sous dalle. Assurant une ample communication entre l’extérieur et l’intérieur, ces immenses baies permettent à la végétation de s’inviter dans l’espace de vie et d’y déployer son délicat camaïeu de vert. Ces tonalités naturelles contrastent élégamment avec le design en doubles tons, noir et blanc, choisi pour l’ensemble de la décoration. Afin de souligner la générosité de ses proportions, le rez-de-chaussée est conçu tel un open space regroupant les salons, la salle à manger et une cuisine américaine. Recouverts d’un acier noir, les nombreux poteaux structurels, qui scandent l’ensemble de l’espace de vie, accentuent l’esprit industriel remarquable sur le plafond en béton brut. Côté cuisine, c’est le blanc qui domine à travers la pose ultra-contemporaine d’un zellige traditionnel. Clin d’œil à la localité, ce matériau se retrouve aussi en version agate dans la salle à manger et le salon d’été. Avec son style bohème chic et ses notes végétales, cet espace souligne encore le lien étroit existant entre le séjour et le jardin. Largement ouvert grâce à son système de portes accordéons, il offre un accès direct à la piscine.
Agréable transition entre l’ouverture de l’espace de vie et l’intimité de l’espace nuit, un salon feutré, aménagé en mezzanine, est accessible depuis le palier de l’escalier. Aménagée sur toute la hauteur, l’imposante bibliothèque appelle ici à une pause lecture.
A l’étage, l’ambiance industrielle et les matériaux bruts du rez-de-chaussée laissent place à une atmosphère incroyablement zen et boisée. Très chic dans sa sobriété, l’espace parental voit se déployer un zellige immaculé. Le parquet au sol, les claustras ainsi que le dressing entièrement parés de bois créent toutefois une ambiance chaleureuse. Depuis l’espace nuit, le jeu esthétique de la tôle perforée, placée en façade, est encore plus remarquable. Alternant divers diamètres de perforations, ces panneaux font subtilement référence au travail artisanal du zellige. Enfin, la toiture, considérée par l’architecte comme une cinquième façade à travailler, dispose de quelques particularités notamment dans la salle de bain et le sas qui dessert les chambres. Réservées dans la dalle, ces oculus vers le ciel permettent de profiter de la lumière zénithale tout en inspirant à la détente et à l’évasion.