Rihla, un voyage esthétique et éthique

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La Fondation Société Générale Maroc a inauguré, en ce début d’année 2019, une très belle exposition suscitant tant les plaisirs de la découverte que de profondes interrogations sur le monde actuel. Commissarié par l’artiste plasticienne Rim Laâbi, ce riche parcours, installé au sein de l’Espace d’art de la Société Générale à Casablanca, est accessible au public depuis janvier dernier.

 

Fidèle à son engagement en faveur de la culture et des arts, Société Générale Maroc inaugure Rihla-Voyage : une nouvelle exposition autour du cosmopolitisme qui interroge sur les réalités auxquelles renvoie la notion de frontière. Mêlant arts visuels, artisanat, peinture, sculpture, photographie, art vidéo et cinéma, ce parcours se compose de trois parties : «Ibn Battuta, prince des voyageurs», «Brûle la mer» et «Regarde-moi».

Un art de la découverte, du voyage
La scénographie pédagogique de Rim Laâbi et M’hammed El Kehal, envisagée comme le lieu d’une utopie réalisée, entend laisser place à la fois à l’émotion et à la réflexion. L’idée est de suggérer le voyage à travers un parcours constitué d’une multitude de portes à franchir. Ici, la porte n’est pas considérée comme un mur, mais comme un seuil ouvert sur le monde. Et de seuil en seuil, le visiteur traverse les trois étapes du parcours. Premièrement, il est amené à découvrir la trépidante aventure d’Ibn Battuta, Prince des voyageurs. «Premier touriste profondément cosmopolite», cet explorateur tangérois, vivant à l’époque des Mérinides, a traversé le globe de l’Afrique à l’Asie en passant par l’Andalousie. Il enseigne que le cœur du voyage réside dans l’accueil de l’inconnu.
Arrive ensuite «Brûle la mer» rassemblant des œuvres visuelles et sonores qui transcendent les murailles imaginaires que sont les frontières tout en évoquant l’élan d’un départ et la violence d’un accueil refusé. Enfin, «Regarde-moi» propose une réflexion sur le rapport aux autres et à soi à travers la transversalité des arts et des pratiques. En interrogeant et déconstruisant les clichés, l’exposition tente de réhabiliter l’image de cet autre qui dérange.

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