«Artisanat & Design Vintage» : un voyage temporel dans le Royaume

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Avec sa 6ème expo-vente sous le thème «Artisanat & Design Vintage», la Galerie H nous invite à découvrir le talent de trois jeunes designers marocains : Mohcyn Bousfiha, Yassine Hmichane et Mouad Mohsine. Autour d’une collection d’objets aux styles résolument distinctifs, ils nous offrent l’opportunité de faire un flash-back artistique empreint de pétillance créative et de personnalité. A découvrir jusqu’en avril 2019.

 

 

Dans la continuité de sa démarche de soutien à l’artisanat et au design marocain, le groupe Holmarcom lance une 6ème expo-vente à la Galerie H, sous le thème «Artisanat & Design Vintage». Trois jeunes designers se sont prêtés au jeu créatif en livrant leur propre interprétation de cette thématique. Dans un esprit à la fois rétro et assurément contemporain, ils présentent une collection de mobilier et d’objets iconiques revisités.

 

Mouad Mohsine
Manager durant plus de 10 ans dans l’industrie céréalière, Mouad Mohsine avait l’envie de laisser s’exprimer à plein temps son esprit créatif. Aujourd’hui, c’est chose faite tant au sein de son atelier qu’à travers le développement de ses lignes de luminaires ou de mobilier qu’au sein de The Moroccans, une marque qu’il a co-fondé avec Mohcyn Bousfiha.

 

Le vintage au Maroc en trois mots?
Difficile à dire car je trouve qu’au Maroc, tout reste un peu vintage. On continue de travailler avec des matériaux (terre, verre, laiton) et une manière de faire traditionnelles. Lorsqu’on les sort de leur contexte, beaucoup de nos objets, même s’ils sont neufs, ont une allure un peu vintage!

La rencontre entre le vintage et le design?
Quand on pense vintage, irrémédiablement, des petites émotions vous reviennent. Dans mon cas, ce qui m’est revenu à l’esprit, lorsque la Galerie H m’a annoncé le thème, c’est la maison de ma grand-mère. En pensée, j’ai refait une visite de sa maison, pièce par pièce puis j’ai commencé à établir une liste de tous les vieux objets auxquels je pouvais redonner vie : la machine Singer, le cadre du Roi Mohammed V….

Votre démarche créative pour cette exposition?
J’ai voulu sublimer toute l’esthétique d’autrefois en redonnant vie à des pièces qui n’avaient pas beaucoup de valeur à l’époque ou qui l’ont perdue avec le temps. J’ai ainsi transformé la machine à coudre Singer en secrétaire et en mini-bar, de même que j’ai créé des luminaires autour du célèbre portrait du Roi Mohammed V qui était accroché dans tous les foyers.

Pourquoi, selon vous, est-il si important de valoriser l’artisanat marocain?
Très à la mode aujourd’hui comme hier, le «made in Morocco», en plus de donner une super bonne image de notre pays, assure un revenu à de nombreuses familles. Je pense qu’il y a encore plein de choses à faire pour continuer à le valoriser! Pour moi, le designer peut faire office de médiateur dans le monde artisanal : à lui de conceptualiser les idées, de les décliner et de  permettre la mise en œuvre de chacune d’elles.

 

 

Mohcyn Bousfiha
Architecte d’intérieur originaire de Marrakech, Mohcyn Bousfiha continue de créer du mobilier et des pièces décoratives tout en ayant co-fondé The Moroccans avec Mouad Mohsine. Marque valorisant le terroir marocain et le travail des femmes et leur précieux savoir-faire, elle prône en outre la slow cosmétique.

 

Le vintage au Maroc en 3 mots?
Passé, présent et futur! Le vintage, bien qu’appartenant au passé, nous marque au présent et continuera d’apposer sa marque dans le futur. Qu’il s’agisse du design ou de mode, le vintage prend place dans l’actualité.

La rencontre entre le design et le vintage?
Selon moi, le design et le vintage sont indissociables. Le design n’a rien d’actuel, il a toujours existé. D’ailleurs, je pense qu’il était davantage valorisé par le passé, notamment à travers des mouvements comme l’Art Nouveau ou l’Art Déco. J’ai l’impression qu’auparavant les gens étaient beaucoup plus intéressés par le design, la recherche esthétique ainsi que le sens du détail et de la finesse.

Votre démarche créative pour cette exposition?
Je me suis laissé inspirer et j’ai travaillé avec des choses anciennes que j’ai remodelées à ma manière. Mes inspirations créatives peuvent venir autant d’une robe haute couture actuelle que d’un tableau de maître.

Pourquoi est-ce si important de valoriser l’artisanat marocain?
Valoriser le travail artisanal, c’est un devoir avant tout! On a la chance d’être des ambassadeurs de l’artisanat marocain et de représenter plusieurs personnes qui comptent d’ailleurs sur nous pour garder la flamme allumée.

 

 

 

Yassine Hmichane
Etudiant à l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan, ce tout jeune designer est issu d’une famille de créatifs. Ayant déjà participé à plusieurs projets artistiques à Tétouan, il s’agit ici de sa première exposition à Casablanca. Passionné du Bauhaus et du modernisme, il opte pour des créations à la simplicité et à la contemporanéité saisissantes.

 

Le vintage au Maroc en trois mots?
Ce que m’évoque le plus le vintage au Maroc, c’est l’architecture organique et structurelle d’Henri Tastemain ou de Jean-Francois Zevaco. Pour moi, ce sont vraiment des architectes qui ont façonné le paysage architectural du Maroc. J’ai été très inspiré par l’immeuble A, édifié à Agadir par Henri Tastemain, et dont la structure m’a d’ailleurs donné l’envie de créer le fauteuil exposé à la Galerie H. Les coutumes ritualisées du Sud du Maroc comme celui de prendre le thé assis à terre m’évoquent également une certaine idée du vintage. Enfin, des matériaux comme le bois (que l’on utilisait beaucoup dans l’artisanat, notamment pour les sceaux, les bols, mais de moins en moins aujourd’hui, m’inspirent également. Le rapport à la matière a une grande incidence sur l’expérience que l’on a avec un objet.

La rencontre entre le vintage et le design dans votre travail?
Le vintage, c’est quelque chose qui m’intéresse depuis longtemps. Selon moi, on a toujours une relation avec le passé, avec le passé de notre culture. Mettre en avant nos racines fait partie entière de mon identité de créateur. Le vintage, c’est aussi ces objets qui, bien que démodés hier, sont, après quelques petites réadaptations, remis au goût du jour par des avant-gardistes.

Votre démarche créative pour cette exposition?
J’ai tendance à dessiner sur un carnet ou sur une tablette dès que l’inspiration me vient. On peut dessiner tout ce qu’on veut, mais c’est au moment de passer à la concrétisation de l’idée que le défi créatif prend toute sa dimension. 0n doit être attentif à la disponibilité des matériaux, à leur compatibilité…  La pièce de cette exposition qui a été pour moi le plus grand challenge est incontestablement le service à thé qui allie la céramique et le cuivre. Ce n’était pas du tout évident de conjuguer ces deux matières, leurs réactions à la cuisson, les moules, etc. Quant à mes sources d’inspiration, il faut regarder du côté des artistes qui ont lancé l’école du Bauhaus, Walter Gropius et Vassily Kandinsky. Je suis fasciné par leurs démarches créatives. Comme eux, je suis très attentif à sublimer l’essence même des objets et à éliminer toutes les fioritures inutiles.

Pourquoi, selon vous, est-il si important de valoriser l’artisanat marocain?
Pour moi, l’artisanat apporte de l’authenticité aux objets et c’est ce que j’aime valoriser dans mon travail. Chaque pièce est créée dans des circonstances particulières, par des mains différentes. Chacune a donc une histoire unique à raconter. J’apprécie également la fusion des corps de métier. C’est un vrai défi de faire se rencontrer les matières et les compétences de chacun. La concrétisation des idées face aux matières et à leurs spécificités fait véritablement partie du travail de designer.

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