Le Pritzker Prize revient à l’Indien Balkrishna Dovi

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Balkrishna Dovi, architecte indien de 90 ans est le lauréat le plus âgé et le premier indien à remporter le Pritzker Prize doté de 100 000 dollars. Il doit certainement cette distinction à son engagement pour une architecture durable et à son travail qualifié par la fondation Hyatt de «poétique et fonctionnel».

 

Après Alejandro Aravena, architecte social et solidaire en 2016 et le trio du cabinet catalan RCR Arquitectes qui mêle innovation et respect de l’environnement en 2017, le Pritzker revient à un architecte «qui est très au fait du contexte dans lequel sont situées ses réalisations» a expliqué le jury du plus prestigieux prix d’architecture présidé par l’Australien Glen Murcutt (lauréat du Pritzker 2002). «Ses solutions prennent en compte les dimensions sociale, environnementale et économique et, de ce fait, son architecture est complètement en prise avec la notion de durabilité». Et d’ajouter : «au fil des années, Balkrishna Doshi a toujours créé une architecture sérieuse, jamais tape-à-l’oeil ou inscrite dans des tendances».
Ce choix ne fait que confirmer l’orientation du jury qui, au fil des années, récompense des architectes en prise avec la réalité et la société.
Doshi s’est illustré par son architecture moderniste, qui tranchait avec une Inde encore très traditionaliste.
Parmi la centaine de projets qu’il a réalisée, l’un des plus importants est l’ensemble Aranya, à Indore, dans l’Etat indien du Madhya Pradesh, construit dans les années 80 pour répondre à une crise du logement dans la région. C’était un système de maisons, de cours et un labyrinthe de chemins internes. Mais «ce ne sont pas que des maisons, mais un environnement où vit une communauté heureuse. C’est ce qui compte au final». Aujourd’hui encore, quelque 80.000 personnes occupent l’une des 6 500 habitations construites dans le cadre de ce projet.
Disciple de Le Corbusier avec qui il a travaillé de 1951 à 1959, de Paris à Chandigarh, Doshi a aussi collaboré avec l’Américain Louis Kahn avant de construire son premier bâtiment d’importance, l’institut d’indologie à Ahmedabad.
«Je dois ce prix prestigieux à mon gourou, Le Corbusier. Ses enseignements m’ont amené à questionner l’identité et m’ont poussé à découvrir de nouvelles expressions» a déclaré Balkrishna Doshi. Nous, c’est au Pritzker Prize que l’on doit de découvir le travail de cet architecte, jusque-là plus connu dans son pays qu’à l’international.

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