Architecture écologique, Quelle réalité, quelles ambitions ?

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Architecture écologique, construction éco-responsable,… des expressions que l’on ne cesse d’entendre. Mais de quoi s’agit-il exactement ?
Nous nous sommes tournés vers Leyla Skalli, présidente-fondatrice de l’Association pour l’architecture écologique marocaine pour mieux comprendre.

 

 

 

Qu’est-ce que l’architecture écologique ?
C’est une architecture qui s’inscrit dans une logique éthique large comprenant en premier lieu la question du développement humain, de la répartition équitable des richesses (notamment, entre le rural et l’urbain), de la sauvegarde du patrimoine matériel, mais aussi immatériel qui sont tous fondateurs de notre identité profonde et donc de nos capacités créatrices. L’écologie est approchée comme une solution aux problématiques architecturales et urbaines, non comme une idéologie à priori. Ainsi l’énergie renouvelable peut permettre de désenclaver les villages les plus reculés et inaccessibles ; l’usage des matériaux naturels, comme la terre, permet la sauvegarde d’un savoir-faire en voie de disparition et la préservation des bâtiments splendides que sont les ksours, les greniers, les villages de terre.

Quelle est la place de l’architecture écologique dans le Royaume ?
Le Maroc est peuplé de personnes ingénieuses engagées et compétentes qui sont foncièrement écologiques dans leur démarche et leur pratique. Je pense par exemple à Salima Najji, mais également à une multitude de personnes porteuses de projets d’utilité publique qui sont vraiment magnifiques : écoles bioclimatiques, centre de formation de la terre,… Nous venons par exemple de réaliser des toilettes sèches avec le programme AGIRE, dans le village de Saqia.
La COP 22, ne peut être que positive dans l’émulation collective sur ces sujets, et cela se démontre déjà aujourd’hui.

Vous avez suivi de près la réhabilitation d’une partie de la ville de Fès. Quel est son bilan au niveau purement architectural et au niveau humain ?
Le projet de Ziyarates Fès a pris 3 ans de ma vie et m’a fait comprendre tant de choses sur le plan associatif et humain. C’est un projet qui connaît un grand succès. Nous avons réhabilité 30 maisons, créé un site internet, formé les familles à l’accueil. Il permet aussi un mieux vivre aux familles en assurant une entrée d’argent allant de 5.000 à 15.000 dh.

Plusieurs projets de villes vertes voient le jour. Comment jugez-vous ces projets : réelle volonté écologique des constructeurs ou outil marketing ?
Je suis personnellement assez sceptique quant aux projets très ambitieux qui doivent se réaliser en un temps record. La mixité sociale, l’économie locale, la qualité des constructions (isolées thermiquement et au bruit), la gestion des transports communs,… autant de questions qu’il faut d’urgence résoudre.
Ceci étant dit, je ne peux en aucun cas jeter la pierre aux bonnes intentions, elles font dans tous les cas avancer la cause.

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